Quelles études faire en 2025 ?

Conseils pour les étudiants et leurs parents dans un monde bouleversé par l’intelligence artificielle

L’arrivée de l’intelligence artificielle n’a pas seulement changé la façon dont on travaille : elle a changé le sens même des études. Les diplômes, jadis symboles d’un avenir assuré, perdent progressivement leur valeur sur le marché du travail. Beaucoup de parents, désemparés, ne savent plus comment orienter leurs enfants. Et beaucoup de jeunes, lucides et anxieux à la fois, sentent bien que “suivre le chemin classique” n’est plus une garantie de réussite.

Je partage ici une réflexion personnelle, fondée sur l’observation, le bon sens et l’expérience. Je ne prétends pas détenir la vérité absolue : au contraire, j’invite chacun à réfléchir, à échanger et à confronter ses idées. Mais une chose est sûre : le monde du travail a changé, et le rapport aux études doit changer avec lui.


Un monde qui se reconfigure à toute vitesse

Pendant des décennies, l’école et l’université formaient à des métiers relativement stables. On étudiait pour “devenir” quelque chose : ingénieur, médecin, avocat, professeur. Aujourd’hui, la plupart des métiers se transforment plus vite que les cursus eux-mêmes.

L’intelligence artificielle, la robotisation, la data, l’automatisation des tâches cognitives, la dématérialisation du commerce : tout cela rebat les cartes. Même les professions dites “sûres” – comptables, juristes, enseignants, traducteurs, graphistes – sont touchées.

Les parents, souvent formés avant ces mutations, ne comprennent plus les codes du nouveau monde professionnel : ils s’inquiètent autant pour leurs enfants que pour leur propre avenir. Et les jeunes sentent ce décalage : ils voient bien que leurs professeurs ou leurs parents ne sont plus des repères infaillibles.


Ce qui compte désormais : la curiosité, l’adaptabilité, l’expérience et le réseau

Face à ce monde mouvant, le diplôme ne suffit plus. Ce qui fera la différence, ce sont :

  • Identifier le domaine / le type d’activité qui te plait.
  • Accumuler des savoirs et savoirs-faire dans ce domaine/type d’activité.
  • les expériences : stages, jobs d’été, salons pro, concours, évènements
  • le réseau que l’on développe en réel (via évènements, jobs, stages) et en virtuel (linkedin, reddit,…)

Autrement dit, le parcours n’est plus linéaire, il devient organique. On apprend, on teste, on échoue, on recommence, on pivote. Les études restent importantes, mais elles ne sont qu’un socle, pas une fin en soi.

Si tu es étudiant aujourd’hui, pose-toi ces questions simples :

  • Qu’est-ce que j’aime faire, vraiment ?
  • Quelles sont les activités où le temps passe vite ?
  • Quelles compétences me donnent de la satisfaction ?

C’est souvent là que se cache ta future place dans le monde. Et si tu as identifié ce qui te passionne, alors vas-y à fond : choisis une formation dans ce domaine, mais ne t’arrête pas à l’école. Multiplie les expériences concrètes, même modestes, car elles t’apprendront mille fois plus qu’un cours magistral.


Le pouvoir du réseau et le développement des “soft skills”

Il faut le dire franchement : dans le monde réel, les opportunités ne tombent pas du ciel. Elles viennent d’un réseau humain. Et beaucoup d’employeurs disent préférer un profil moins qualifié amis avec une très bonne capacité relationnelle.

    Construire son réseau ne signifie pas “se vendre” ou “faire de la com” ; cela signifie multiplier des expériences relationnelles. De bons canaux pour cela : Linkedin, Reddit, Discord,… Le tout étant de choisir celui qui convient en fonction de l’activité.

    Quand tu es jeune étudiant, tu peux tout simplement :

    • suivre des personnes inspirantes dans ton domaine ;
    • t’abonner à des entreprises, startups ou associations liées à ton futur métier ;
    • commenter, poser des questions, ou même juste lire attentivement les échanges.
    • Participer aux évènements : permet de passer du virtuel à l’IRL !

    Petit à petit, tu vas comprendre les codes, les enjeux, les acteurs, les évolutions de ton secteur. LinkedIn est une fenêtre ouverte sur la réalité : les salaires, les postes, les technologies, les débats internes.
    Et sans t’en rendre compte, tu construiras ton premier capital immatériel : la connaissance du terrain.

    Et veille à entretenir avec les gens qui t’entourent, des relations saines : sympathie sans être trop gentil, questionner, retenir ce que les gens te racontent sur eux (quand c’est intéressant!), fuir les ambiances malsaines.


    L’expérience : le plus puissant des diplômes

    Les employeurs le disent : entre deux candidats, ils choisissent presque toujours celui qui a de l’expérience, même modeste.

    Tu veux travailler dans le vin ? Fais les vendanges. Mais pas dans un seul domaine : fais-en plusieurs. Observe comment on travaille dans un petit vignoble artisanal et dans un grand domaine industriel. Chaque soir, pose des questions à ton employeur : comment choisit-on les cépages ? comment se négocient les prix ? quelles sont les marges ?

    Tu veux travailler dans la communication ? Propose bénévolement de gérer la page Instagram d’une association ou d’un petit commerce, ou créé ton propre blog, page insta, linkedin ou tu publies du contenu qui respecte les bonnes règles de la communication.

    Tu veux être développeur ? Suis un programme de formation en ligne, puis participe à des projets open source, même si tu débutes, créé ton site web, programme une petite appli simple.

    Tu veux être prof ? Donne des cours particuliers à des collégiens.

    Ces expériences, en plus de te former réellement, prouveront ton sérieux, ta curiosité et ton initiative. Et sur un CV, cela vaut souvent bien plus qu’un master théorique.


    Le rapport au temps : un monde où tout s’accélère

    Beaucoup de jeunes croient qu’il faut absolument “réussir vite”. C’est faux.
    Ce qu’il faut, c’est s’ancrer dans le réel et progresser, gagner en compétences, en expériences.

    Internet donne l’illusion que tout est instantané : les carrières, la réussite, la notoriété. En réalité, la vraie compétence demande du temps. Il faut des années pour devenir bon. La bonne nouvelle, c’est que le monde récompensera de plus en plus la profondeur et la compétence, parce que tout le reste sera automatisé.

    Apprends à te concentrer. À tenir dans la durée. À aimer l’effort.
    Les algorithmes peuvent imiter la créativité, mais ils ne peuvent pas remplacer la passion ni la persévérance humaine.


    Parents : que conseiller à vos enfants en 2025 ?

    Si vous êtes parent, votre rôle n’est plus de “guider” votre enfant vers un métier qui devrait être sûr dans 5 ans, car on n’est plus sûr de ce critère ! Votre rôle, c’est de l’aider à se connaître et à expérimenter tôt.

    Encouragez-le à :

    • Bien identifier ce qui combine les deux critères : en quoi il est bon et à quoi il aime se consacrer.
    • Se donner des expériences (stages, petits boulots, participer à des salons pro, des concours, des évènements dans le ou les domaines identifiés) ;
    • Rencontrer des professionnels ;
    • Tenir un carnet d’expériences, un blog, ou un compte LinkedIn où il apprend, question, puis petit à petit informe.

    S’il apprend à aimer l’exploration et l’apprentissage continu, il sera bien mieux préparé à affronter les mutations technologiques.


    En conclusion

    Je crois qu’en 2025, le choix des études n’est plus une question de “prestige” ou de “niveau”, mais une question de cohérence intérieure.

    Fais des études, oui — mais fais-les pour nourrir une passion, pas pour obtenir une étiquette.
    Forme-toi sans cesse, mais surtout dans le réel : le travail concret, les interactions humaines, la curiosité sincère.

    L’intelligence artificielle redistribue les cartes, mais elle ne remplace pas la volonté, la curiosité et l’intelligence humaine.
    Les études ont encore du sens, à condition qu’elles soient vécues comme une étape active, pas comme une attente passive.

    Le monde qui vient aura toujours besoin de personnes capables de comprendre, de créer, de dialoguer, d’organiser, d’oser.
    Et si tu apprends à le faire tôt, tu ne seras jamais dépassé, même dans vingt ans.


    👉 Et toi, qu’en penses-tu ?
    Parents, étudiants, enseignants : vos réflexions sont bienvenues.
    Cet article n’est qu’un point de départ, une opinion ouverte à la discussion.
    Car c’est ensemble que nous devons repenser ce que “faire des études” veut dire, à l’heure où le savoir devient aussi fluide que la technologie elle-même.

    1 réflexion sur “Quelles études faire en 2025 ?”

    1. Jean-Baptiste Marotta

      Article instructif et bien écrit, qui nous parle de l’orientation et des conseils qui sont valables pour les étudiants mais aussi pour toute personne qui souhaite élaborer un projet. Je valide les propos. Merci Marion !

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